Bartillat Edition
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L

ISBN : 9782841006045
Parution : 03/03/2016
Prix : 21 €
240 pages
Format : 12,5 x 20
Traducteur : Guillaume Villeneuve

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La Sagesse du cœur
Henry Miller

Voici donc pour la première fois en français ce livre de Miller, très attendu de ses lecteurs. Si certains textes avaient pu figurer dans l’édition française de Dimanche après la guerre, la majeure partie sont inédits. Cette « sagesse du cœur », l’auteur de Tropique du Cancer l'a cherchée tout au long de sa vie, mais plus particulièrement dans ce recueil. Il s'agit d'une collection d'essais, de nouvelles, de textes différents parus dans la presse que Miller a rassemblés avec un soin particulier. On retrouve ainsi des chapitres sur l'acteur Raimu, le photographe Brassaï, le psychanalyste E. Graham Howe, Balzac et son roman Seraphita, le philosophe Keyserling, Blaise Cendrars…

Comme toujours l'activité de l'écrivain est au centre de ses réflexions, mais ce qui compte avant tout à ses yeux est de vivre pleinement. Ainsi : « J’ai commencé dans un chaos et une obscurité absolus, dans une tourbière ou un marais d’idées, d’émotions et d’expériences. Aujourd’hui encore je ne me tiens pas pour un écrivain, au sens ordinaire du mot. Je suis quelqu’un qui raconte l’histoire de sa vie, processus qui semble de plus en plus inépuisable à mesure que j’avance. Comme l’évolution du monde, il est sans fin… »

Miller recommande à chacun de suivre son destin personnel, de l'accepter, quelle que soit la direction. Conçu juste avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, ce livre de mélanges transfigure Henry Miller en une sorte de prophète pour notre temps où il s'agit avant tout de rester vivant.



Résumé

Voici donc pour la première fois en français ce livre de Miller, très attendu de ses lecteurs. Si certains textes avaient pu figurer dans l’édition française de Dimanche après la guerre, la majeure partie sont inédits. Cette « sagesse du cœur », l’auteur de Tropique du Cancer l'a cherchée tout au long de sa vie, mais plus particulièrement dans ce recueil. Il s'agit d'une collection d'essais, de nouvelles, de textes différents parus dans la presse que Miller a rassemblés avec un soin particulier. On retrouve ainsi des chapitres sur l'acteur Raimu, le photographe Brassaï, le psychanalyste E. Graham Howe, Balzac et son roman Seraphita, le philosophe Keyserling, Blaise Cendrars…

Comme toujours l'activité de l'écrivain est au centre de ses réflexions, mais ce qui compte avant tout à ses yeux est de vivre pleinement. Ainsi : « J’ai commencé dans un chaos et une obscurité absolus, dans une tourbière ou un marais d’idées, d’émotions et d’expériences. Aujourd’hui encore je ne me tiens pas pour un écrivain, au sens ordinaire du mot. Je suis quelqu’un qui raconte l’histoire de sa vie, processus qui semble de plus en plus inépuisable à mesure que j’avance. Comme l’évolution du monde, il est sans fin… »

Miller recommande à chacun de suivre son destin personnel, de l'accepter, quelle que soit la direction. Conçu juste avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, ce livre de mélanges transfigure Henry Miller en une sorte de prophète pour notre temps où il s'agit avant tout de rester vivant.

Presse

Article sur le site Lexnews, 23 mars 2016.

 

Henry Miller : « La sagesse du cœur », Editions Bartillat, 2016.

 

 


On ne s’attendait plus à lire en ce début de XXIe siècle un nouvel Henry Miller en langue française, et pourtant, ses lecteurs se réjouiront de pouvoir contre toute attente découvrir ce presque inédit « La sagesse du cœur » publié en langue française aux éditions Bartillat, éditions ayant déjà eu l’heureuse initiative de publier d’Henry Miller Ma vie et moi en 2010 et Le monde du sexe en 2013. Le dernier ouvrage, La sagesse du cœur, The Wisdom of the Heart , traduit de l’anglais (États-Unis) par Guillaume Villeneuve, rassemble divers textes, articles ou nouvelles parus du vivant de l’auteur essentiellement dans la presse ou parutions londoniennes, américaines ou encore notamment parisiennes juste ou pendant la Seconde Guerre mondiale (notamment dans la fameuse revue foutraque "The Booster", qu'il créa avec le concours de son comparse et ami Lawrence Durrell,  et dont la courte vie fit sa renommée), certains textes ayant été publiés dans l’édition française de Dimanche après la guerre paru en 1944. Henry Miller avait semble-t-il choisi lui-même avec un soin tout particulier ces textes destinés à former recueil en 1941, année même où paraîtra Le Colosse de Maroussi. On y découvre, ici, un Henry Miller, peut-être un peu moins extraverti, un peu moins désordonné que celui du Tropique du Cancer, de Sexus ou Nexus, mais toujours en quête de ce qui le fait assurément vibrer. Tourné vers une réflexion personnelle et intérieure, l’auteur y interroge la destinée, le destin de l’homme et surtout celle de l’artiste. Il interroge, questionne, convoque D.H. Lawrence, Lawrence d’Arabie, Swedenborg, prophètes et sages bouddhistes ou taoïstes… On le suit, on le perd parfois, puis retrouve dans ces digressions passant de l’art à la psychanalyse, de l’occultisme à la photographie, de la littérature au cinéma… Il nous entraîne sur les traces de ses amis, le photographe Brassaï avec son regard et son œil infaillibles ou Blaise Cendras avec des textes d’une émotion toute personnelle. Mais Miller nous parle aussi de cinéma avec l’acteur Raimu, ou encore, bien sûr, de cette putain, sa putain avec ce style bien à lui signé Miller et qui a fait sa renommée. Mais au-delà de ces chemins, c’est assurément le Destin avec un grand « D » qu’Henry Miller entend interpeler, convoquer ; ce consentement à la vie, ce « oui » nietzschéen qui cogne au cœur de tout homme, cette « Sagesse du cœur » s’il ne l’a ni fait taire ni tué. Ainsi, ces deux textes surprenants, passionnants sur Balzac, un Balzac peu connu sous cet angle de la destinée, celui de Louis Lambert et de Séraphîta, et qui révèlent à eux seuls toute l’audace de cette pensée si personnelle qui fut celle d’Henry Miller, et qui ne saurait laisser, encore aujourd’hui, aucun lecteur indifférent.

L.B.K.

 

Blog de Shangols, 13 avril 2016

"La majeure partie de ces textes sont inédits", annoncent roublardement et avec faute de syntaxe* les éditions Bartillat. On ne la fait pas au bon vieux collectionneur que je suis : seuls 4 ou 5 textes** étaient réellement inconnus, le reste ayant déjà paru dans différents recueils. Pas grave : ce bouquin réunit les textes que Miller lui-même voulait voir réunis, et ça donne l'occasion de relire des nouvelles oubliées qui font partie de la meilleure période de la carrière du sieur, les années 40. En un recueil, on aura droit à un très bel aperçu de ce qu'est Henry Miller : il y a des portraits d'amis, de grands délires mystiques, des analyses littéraires, de la philosophie, de l'autobiographie fictionnée, de purs exercices de style, des rêveries, de la prophétie, de l'horoscope, des filles et des paumés du petit matin, c'est parfait. Etonnant d'ailleurs de constater que malgré un tel éclectisme dans les inspirations, le livre reste très homogène, presque logique dans ses enchaînements. C'est parce que, chez Miller, tout est lié, le cul et la littérature, la bonne bouffe et le cosmos, Balzac et le clochard du coin. Pas de hiérarchie dans les passions du maître : il peut s'emballer pour une phrase de Lawrence autant que pour le geste émouvant d'une pute, et tresser 20 pages sur un simple détail, qui lui fait prendre aussitôt la tangente et dériver vers des grandes envolées absconces.

Abscons, le recueil l'est d'ailleurs plus souvent qu'à son tour. On n'est guère passionné, autant le dire, par les fumeuses pages sur la cosmogonie, le mysticisme de Saint François ou les inspirations christiques de Lawrence, pas plus que par ces trop longues réflexions barrées sur Séraphita de Balzac. Quand notre Henry délaye, je peux vous dire qu'on le sent passer, et ces pages sont celles qui ont le plus vieilli, trop solennel, très confuses, trop "au fil de la plume", malgré quelques saillies vraiment géniales. Miller écrit tout ce qui lui passe par la tête, sans faire le tri, et c'est vrai que de temps en temps on tombe au milieu du magma sur des trésors. Mais ces nouvelles ("La Mort créatrice", "La sagesse du coeur", "L'énorme matrice", "Séraphita", "Le collectif absolu", ...), qui constituent une bonne moitié du recueil sont assez pénibles à lire.

On préfère 1000 fois ces portraits, au travers desquels on retrouve la verve incroyablement vivante de notre gars : qu'il décrive son pote Brassaï, son idole Cendrars, une pute dont il tombe amoureux, "le sauvage de Bornéo" ou un simple pique-assiette rencontré au coin d'une rue, il sait en quelques mots rendre le personnage attachant, plus humain qu'humain, drôle et immense. Le plus beau texte, "Le vétéran alcoolique au crâne en planche à laver", contient tout Miller : paillard, sarcastique, violent, mais aussi immensément poétique et en empathie avec tout ce que la vie peut proposer : c'est le portrait d'une sorte de poète clodo, dont toute l'oeuvre de Miller regorge, qui s'amourache le temps d'une nuit de notre auteur, et qui va lui raconter sa vie, en un mélange de sincérité totale et de mensonges éhontés. C'est drôle, dérangeant, rythmé en maître, on distingue là dedans toute l'ambiance des nuits parisiennes et des petits bars interlopes, c'est génial. Beaucoup aimé aussi ces pages sur Raimu, qui donne l'occasion de constater que Miller ne comprend rien au cinéma (eheh) mais est dôté d'un regard très humaniste sur les acteurs. En quelques mots, il met le doigt sur la nature totalement humaine de l'acteur. Tout est question de style, chose que Miller possède de façon innée. La Sagesse du coeur déborde de tous les côtés, rempli à ras bord qu'il est de vie et d'énergie. Il est parfois chiant, parfois génial, parfois maladroit, parfois virtuose, parfois cru, parfois mystique, et parfois tout cela à la fois : du Miller, quoi.

* Mea culpa : l'éditeur de ce précieux bouquin me gourmande en précisant : Le Nouveau Dictionnaire des difficultés du français de Jean-Paul Colin (Hachette-chou, 1970) reconnaît l’emploi du verbe au pluriel avec la formule : une partie + substantif pluriel. Exemple : « Une partie des assistants se sont élevés contre le projet. » Que je reçoive ici et en votre présence 7x7 coups cinglants avec une branche d'orties. Je pourrais arguer tout de même que "la majorité" employé seul, sans complément doit s'accorder au singulier, mais ça va, envoyez les orties.

** Après comptage, sous la demande de Bartillat : 8 textes sur 17 sont inédits. On passe aux ronces ?


 

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- Le Monde du sexe, 2013
- Ma vie et moi, 2010

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